ATC, photos et peinture (atelier 7)

En général, quand on parle de travailler avec une photo, on parle de faire un dessin ou une peinture en copiant quelque part ce qu’il y a sur la photo. Ce n’est pas de cela que je vais parler aujourd’hui.

ATC d’abord…

Je vous propose de réaliser une série d’ATC à partir d’une série de photos. Il s’agit de choisir une plante et de la photographier chaque jour comme si on consignait le temps. Les photos seront ensuite découpées à dimension 64X89mm. On peut venir les retoucher avec un marqueur.

On peut aussi créer des ATC directement à partir d’une photo de magazine, pourquoi pas retouchée aux marqueurs.

…peinture ensuite

On peut aussi peindre directement sur une photo. Les plantes sont aussi particulièrement bons modèles pour ce faire. Il faut prendre une photo et l’imprimer sur papier ordinaire. Même en noir et blanc, cela fonctionne. On vient ensuite peindre (aquarelle, gouache, acrylique, peu importe!) directement sur l’impression.

A la manière de Pierre Alechinsky (peinture 6)

Pour cet atelier, tu as besoin de ton carnet, d’aquarelles et de marqueurs.

Pierre Alechinsky est un artiste belge, peintre et graveur né en 1927 et toujours en vie actuellement. Fortement inspiré de la fluidité de l’écriture orientale, il est l’un des premiers à avoir utilisé la peinture acrylique. Il est aussi l’un des fondateurs du mouvement Cobra, qui fut actif dans les années 1950.

Aujourd’hui je te propose de créer une oeuvre à la manière de Pierre Alechinsky. Tu vas prendre ton carnet et tracer un cadre au marqueur autour de la double page. Ensuite, tu vas à l’aquarelle promener ton pinceau, et créer ainsi des formes fluides. Tu vas colorier ces formes.

Enfin, tu vas autour du cadre venir dessiner aux marqueurs des petits dessins, un peu comme si tu transformais ton oeuvre en « tapis ».

Les enfants du parascolaire connaissent cet atelier. Nous l’avons déjà fait, mais avec de l’acrylique et des poscas. Je m’adapte ici au fait que beaucoup d’enfants n’ont pas ces fournitures à la maison…

ATC: Doodling sur cartes

Pour cet atelier, tu auras besoin d’un marqueur noir fin, de bics colorés, éventuellement de bics à encre gel, d’un crayon gris, de crayons de couleurs et d’aquarelles, et bien sûr de petites cartes de 64mmX89mm

On peut décorer ses ATC par des petits motifs issus de la nature qu’on peut venir enrouler, ou en créant des formes à sa guise. Les motifs n’ont pas besoin d’être complexes: c’est leur répétition qui va donner cet effet esthétique.

Il se peut que tu manques d’idées. Je t’encourage à aller chercher des motifs sur Internet. Si tu tapes « zentangle » dans Google, tu trouveras pas mal de choses. Tu constateras que faire ces motifs te calme et te permet de rester bien concentré. C’est de là que vient le mot « zentangle » ou « zendoodle », qui veulent dire « gribouillages zen »

Bonne création!

Tolkien, voyage en terre du milieu

Vos enfants le savent bien, l’œuvre de JRR Tolkien est l’une des principales sources de mon imaginaire. Les elfes, nains et autres hobbits peuplent mon imagination.

Ici en Belgique, les sagas nordiques ne nous sont pas familières. Nous n’avons en général pas lu Beowulf, les Eddas ou encore l’histoire de Cuchulain. Tolkien m’a ouvert ce monde-là, tout en me donnant l’illusion, par ses descriptions allant jusqu’à la botanique, que l’univers est réel.

La première ressource que je publierai sur mon blog est donc un lien vers une émission de France Culture qui parle de l’exposition qui a eu lieu à la BNF, consacrée à Tolkien. Bonne écoute!

https://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/emission-tolkien

Coloriez les dessins de vos enfants

Je vous partage une expérience faite en vacances il y a des années avec Yvain, qui a maintenant 11 ans. Il en avait assez que je dessine et qu’il colorie, et nous avons fait l’inverse.

Ceci donne aux dessins d’enfants une toute autre dimension. Je n’hésite plus à conseiller aux parents de colorier les gribouillages. Les enfants, vous verrez, se sentent extrêmement heureux de l’importance que vous donnez ainsi à leurs oeuvres!!!

Artists Trading Cards et peinture: l’impression sur mousse à raser (peinture 5)

Pour aujourd’hui, tu auras besoin de tes ATC découpées à 64mm X 89 mm, de ton carnet de peinture, de papier d’imprimante, de ciseaux et éventuellement de perforatrices de scrap et de masking tape, ainsi que de gouache, de mousse à raser et d’un plateau.

Préparons d’abord ta plaque d’impression. Tu vas mettre de la mousse à raser sur le plateau en recouvrant bien le tout. Tu vas laisser couler des gouttes de gouaches. Fais attention aux mélanges: si tu utilises des couleurs trop éloignées les unes des autres ou du noir, tu risques un résultat sombre et « sale ». Crées ensuite des motifs de marbrage avec ton doigt, ou avec un pic à brochettes, une fourchette ou autres.

Quand tu es satisfait, tu peux imprimer soit sur le papier, soit sur le carnet, soit sur tes ATC. Racle ensuite la feuille avec un lèche-plat, un couteau de peintre ou même une raclette à carreaux.

Une même plaque te permettra d’imprimer plusieurs ATC, ou deux fois une feuille.

Quand le résultat est sec, tu peux dessiner dessus, y coller des motifs découpés dans une feuille imprimée ou non, utiliser du masking tape ou des perforatrices de scrap, utilisées éventuellement dans des magazines.

Voici le genre de résultat que tu peux ainsi obtenir

Papier marbré décoré avec un pochoir et une bombe de peinture dorée
Papier marbré décoré à l’aquarelle et au marqueur fin

Les Artists Trading Cards

Les artists trading cards ou ATC sont des cartes de 64mm X 89mm (2,5 X 3,5 pouces). Il est important de bien respecter ces dimensions car elles permettent de glisser les ATC dans des albums de collection de cartes standards.

Les ATC sont nées aux USA. Un artiste s’est demandé comment faire connaître son travail tout en échangeant avec d’autres artistes. Via Internet il a lancé le concept et a été suivi. Dans les pays anglo-saxons, beaucoup d’artistes échangent des ATC.

Le défi!

Le Tamanoir asbl te propose un défi qui commence maintenant et terminera à la fin du confinement. Voici comment tu vas t’y prendre.

1) réalise, avec la technique que tu veux, sur le papier que tu veux, une série de petites cartes. Je donnerai des idées durant toutes les vacances de Pâques et au-delà si le confinement continue.

Les ATC de Florence quand elle avait 8 ans

2) Quand tu les as réalisées, écris au verso: ton nom, ton prénom, « série confinement » et le numéro de la carte. Prends-les en photo

3) Envoie tes cartes au 114, avenue Demolder, 1342 Limelette. Je ferai une première redistribution le 19 avril, n’oublie donc pas de me laisser un petit mot avec ton adresse. Je mettrai dans une enveloppe pour toi autant de cartes que ce que tu as envoyées, en veillant à ce que tu en reçoives de plein de gens différents.

4) ce défi s’adresse aux enfants dès qu’ils savent tenir un crayon jusqu’à ce qu’ils ne sachent plus. On va dire de 7 mois à 107 ans! Donc oui, les parents peuvent participer, les grands-parents, la première ministre, tout le monde!

A la manière de Magritte (peinture 4)

Voici un atelier de peinture un petit peu plus long, basé sur « le retour » de Magritte, que voici.

Magritte a fait ce tableau en 1940.

J’en profite pour te raconter une petite histoire. Un des auteurs favoris de Magritte était Stéphane Mallarmé, qui a écrit un texte intitulé « Igitur, ou la folie d’Elbehnon ».

Comment peux-tu prouver que tu existes? Un homme, appelé Descartes avait trouvé sa réponse. Ce qu’on ne te dira pas c’est qu’en réalité, Descartes avait énormément de mal à se lever le matin. Il en souffrait beaucoup. Il disait « mon esprit voudrait faire des tas de choses, mais mon corps ne veut pas. » Prouver qu’on a un corps, c’est assez facile. Prouver qu’on a un esprit, comment ferais-tu? Descartes, lui, s’est mis dans le silence. A un moment, il a eu des pensées. Il a dit « je pense, donc je suis ».

Mallarmé n’est pas content avec cette réponse. Tu sais bien que si tu penses beaucoup à un éléphant rose, il ne va pas apparaître là pour autant. Donc la pensée est peut-être de l’ordre du non être. Mais si ma pensée n’est pas, alors je ne suis pas? Alors je meurs? Mais si je meurs, c’est que je suis vivant! Je meurs, donc je vis, et la vie et la mort sont deux faces d’une même médaille! On ferait mieux d’y penser en ces temps difficiles: il y a une vie avant la mort, et nous la souhaitons féconde et remplie! C’est ce qu’on appelle la renaissance spirituelle de Mallarmé, ce qui veut tout simplement dire qu’il a mis du sens dans sa vie.

Ce qui est intéressant, c’est l’image qu’Igitur emploie: « l’heure la plus sombre de la nuit est une heure avant l’aube, et le jour existe parce que la nuit existe ». Magritte, lui disait « j’aime autant le jour que la nuit et je ne peux pas décider lequel du jour ou de la nuit je préfère ». Notre oiseau jour dans la nuit a quelque chose d’Igitur, d’autant que chez Magritte, l’oiseau va avec son épouse, Georgette, et que Magritte peint ce tableau au moment où il va retourner près d’elle après en avoir été séparé par la guerre.

En ces temps de confinement, nous sommes dans la nuit. C’est maintenant que nous avons le plus besoin de penser au jour, à notre retour au Musée Magritte et dans les autres musées, au moment où je vous serrerai tous dans mes bras (et j’en profiterai pour vous mettre la tête en bas et vous chatouiller le ventre, je me réjouis 😀 )

Donc vous allez préparer des aquarelles, une feuille de papier bleu clair (ou que vous peindrez en bleu clair), de la colle blanche (ou de la prit, même si vous savez que je n’aime pas la colle en bâton parce que ça fait des déchets), de la gouache blanche ainsi qu’une feuille de papier bulle.

Vous peignez le paysage de la nuit à l’aquarelle. Vous pouvez mettre tout ce que vous imaginez la nuit: la lune et les étoiles, les avions qui passent, les feux d’artifices, les débarquements de licornes, les attaques de zombies, ect. Vous laissez sécher.

Vous dessinez ensuite un oiseau sur la feuille bleue. Vous le découpez. Sur le papier bulle, vous étendez un peu de gouache blanche avec le pinceau et vous imprimez sur l’oiseau. L’oiseau porte maintenant de jolis nuages blancs.

Quand l’oiseau et le paysage sont secs, vous collez l’oiseau jour dans la nuit. Voici le travail de Louise

Atelier de peinture 3: à la manière de Rik Wouters

Rik Wouters est un peintre et sculpteur représentatif du fauvisme brabançon. Il est mort très jeune mais nous a laissé une oeuvre très abondante.

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est pour vous expliquer une technique particulière de peinture: la peinture au couteau. Voici à quoi ressemble un couteau de peintre

Avec cet ustensile, tu peux étaler la couleur sur ta page ou sur ta toile. C’est comme quand tu mets du choco sur une tartine: tu peux être généreux et mettre une bonne couche, ou alors être radin, et gratter ta tartine. Avec la toile ou le papier, tu peux agir de la même façon.

Rik Wouters a beaucoup peint au couteau. Il se sert de toutes les possibilités de l’outil. Dans certaines de ses peintures, il sculpte la couleur et crée du relief, comme dans cette toile « Nel au grand chapeau »

Dans d’autres toiles, il va plutôt étirer la couleur, et on va percevoir la toile nue, ou la trame au travers de la fine couche de peinture laissée sur la toile

Les enfants habitués du Tamanoir savent que j’ai guidé en son temps l’exposition Rik Wouters aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. Ils connaissent bien le catalogue que j’apporte régulièrement aux parascolaires et est d’ailleurs rempli de traces de petits doigts pleins de peinture.

Comment faire ton atelier? Tu as sûrement encore un peu d’acrylique que tu t’es fabriqué hier. Tu en auras besoin, ainsi que d’un couteau de peintre ou, si tu n’en as pas, d’une vieille carte (de fidélité, de banque, de crédit, …). Il te faudra aussi un mouchoir pour essuyer l’outil. Sur une double page blanche, tu vas venir créer des taches de couleurs pour former un dessin. Ne sois pas trop sévère avec toi-même au début, et dessine une forme simple! Tu peux aussi faire cet atelier sur toile ou sur carton. Amuse-toi bien!