Ecole de la vie, école pour la vie!

Dès 1904, avant même l’école obligatoire donc, Ovide Decroly a critiqué l’organisation de l’enseignement de son temps, déconnecté, disait-il, des besoins des enfants. En effet, si les besoins physiologiques et affectifs des enfants ne sont pas remplis, il leur est difficile d’apprendre. Parmi ces besoins, il y a celui de travailler, d’être actif. Cela implique d’avoir une place dans un groupe, et qu’il y ait de nombreux allers et retours entre les souhaits des individus et les souhaits du groupe.

Decroly, et à sa suite Amélie Hamaïde, conçoivent l’enfant dans sa globalité. Inventeurs de la méthode dite « globale », il ne s’agit pas seulement pour eux de lire de cette manière, mais de concevoir le monde dans toute sa complexité, sans devoir « saucissonner » les apprentissages en séquences progressives, mais artificielles. L’enfant lui-même est vu comme un tout.

Cela implique de concevoir l’école comme faisant partie du monde, complexe et connecté. On ne découple pas l’école de la vie sociale et du milieu naturel dans laquelle elle se trouve, mais au contraire, la classe devient un grand atelier, dans lequel on comprend, on analyse ce qu’on reçoit du monde, mais dans laquelle aussi on va concevoir des projets à apporter au monde.

De la génération des pédagogies Freinet et Montessori, la pédagogie Decroly change le rôle de l’enseignant, qui aura pour but de susciter l’étonnement et le questionnement chez les enfants pour leur permettre de faire leurs projets.

Et au Tamanoir?

Les réflexions d’Ovide Decroly enrichissent les nôtres à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, nous sommes très attentifs en stage à remplir les besoins physiques des enfants: collations saines, hygiène de base pour les mains, veiller à ce que les enfants sentent comment ils doivent se couvrir, ce qui est parfois compliqué! La sieste des plus jeunes et le temps de prendre son repas à son aise sont tout aussi indispensables. Enfin, nous n’hésitons pas à porter en écharpe les plus petits qui ont du mal à marcher en excursion.

Ensuite, nous suscitons l’étonnement. En classe, en parascolaire et en stage, nous proposons aux enfants d’observer la nature, d’observer des tableaux ou d’autres oeuvres d’art, d’écouter de la musique. En musée, nous avons immédiatement adhéré au projet du Musée Wellington d’animer en tenue: en effet, cela permet à l’enfant une expérience immersive. Il est positivement impressionné, et plongé directement dans une époque ou un univers qu’il va appréhender dans sa globalité. Nous généralisons peu à peu le port de tenues à la plupart de nos excursions et stages. Plus généralement, les enfants ont besoin de vivre une expérience. Ils se questionnent à partir de cette expérience.

L’étape suivante sera l’atelier. Comment nourrir sa pratique créative à partir de l’expérience ainsi vécue? Battre tambour sur la marche des grenadiers britanniques à Waterloo, construire un immense bateau pirate en carton, créer une expérience avec de la vapeur à Train World, sculpter un petit arbre à la manière de Niki de Saint-Phalle, faire un moaï en terre, dessiner l’histoire du Vaisseau Fantôme de Wagner, en changeant la fin, puis récrire son propre conte… tout cela fait partie du Tamanoir, dans une atmosphère de joyeuse concentration.

Pour en savoir plus:

Ovide Decroly – Ses principes pédagogiques

Ovide Decroly, La fonction de globalisation et l’enseignement, Bruxelles, Maurice Lamertin, 1929, 92 p.

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